Pendant près de trois siècles, le LLOYD n’a cessé de jouer un rôle social de premier plan dans notre ville. En dépit des périodes troublées ou de récession, il n’a cessé d’affirmer sa prépondérance dans les milieux économiques régionaux en offrant à ses membres les outils adaptés à une performance qui a fait, en son temps, l’excellence de l’Industrie et du Commerce rouennais. A chaque étape de son histoire il a su faire preuve de l’adaptabilité nécessaire à sa survie. Aussi compte-t-il aujourd’hui parmi les institutions rouennaises reconnues dont les membres assurent la pérennité. Attaché à une tradition qui lui confère sa légitimité dans le temps, il a pourtant su se mettre au goût du jour en répondant aux exigences des grands bouleversements qui ont traversé notre époque. Ainsi quand cela était nécessaire, il n’a pas hésité à modifier ses statuts pour être davantage en accord avec les impératifs de l’évolution des mœurs, de la société en général, et d’une façon différente de travailler. Son ambition reste néanmoins fidèle à un cap initial qui est celui de promouvoir la vie économique régionale. En cela, il fait preuve d’un attachement et d’une permanence rares dans la poursuite de ses objectifs. Ainsi peut-on lire dans ses statuts, à l’article 2 :

L’Association a pour objet :

  • - de regrouper les personnalités du monde des affaires de la région rouennaise afin de leur permettre l’étude en commun des questions économiques et sociales dans leur application à l’industrie et aux commerces de la région ;
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  • - de leur procurer un lieu, des occasions de réunions où elles puissent se rencontrer, échanger leurs informations et leurs vues ;
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  • - de les tenir en rapport avec les organismes, sociétés ou associations s’intéressant aux mêmes fins ;
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  • - de mettre à la disposition de ses membres la documentation susceptible de les intéresser ;
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  • - de leur offrir les commodités et distractions habituelles d’un club…

Une question cruciale se pose aujourd’hui, celle du renouvellement des générations. En effet, pour exister en fonction des critères prédéfinis le Cercle a besoin de puiser en permanence aux sources vives de ce vivier infiniment riche en potentiels que représentent les acteurs contemporains de la vie économique rouennaise. D’une part le nombre de retraités s’accroît au sein du Cercle, perdant ainsi sa fonction primordiale d’acteur économique, mais il est aussi touché par cette crise que traversent de nos jours l’ensemble des associations traditionnelles, ceci en raison des mœurs nouvelles de notre époque qui souscrivent davantage au monde virtuel des réseaux sociaux qu’au tissu vivant d’une assemblée d’individus. Le LLOYD a donc besoin de se remettre une nouvelle fois en question pour envisager ses conditions de survie dans une époque qui a profondément modifié le visage de la société.

Ainsi certains statuts peuvent-ils apparaître surannés voire périmés. Le règlement intérieur mentionne par exemple que « Ni les femmes, ni les mineurs ne peuvent être introduits au cercle ». A une époque où les femmes ont gagné une place bien méritée dans la société en s’affranchissant des tabous machistes et réactionnaires dont elles furent les victimes durant des siècles, à une époque où les femmes s’engagent en politique, deviennent chefs d’entreprise, avocates, chirurgiens etc.… à l’égal des hommes, bref à l’époque de la parité où la loi a ouvert leurs droits à une existence professionnelle équivalente à celles de leurs congénères masculins, ne serait-il pas pertinent, à l’image de la société, d’abolir les termes d’un règlement intérieur dont l’esprit est celui d’un autre âge et qui ne correspond plus aux évolutions qui se sont produites, ces dernières décennies, en leur permettant de devenir membres à part entière de notre Cercle ?

Ceci serait une petite révolution. Mais elle est sans aucun doute nécessaire à une meilleure crédibilité du Cercle, dont l’habitude n’est pas d’exclure mais de rassembler.

nota du Secrétaire Général du LLOYD : notre Assemblée Générale a voté, lors de sa réunion du jeudi 15 juin 2017, la mention relative à l'entrée des femmes dans notre Cercle qui fut adoptée à une large majorité.