Certes le lien qui unit ses membres est d’abord celui de l’amitié et de la convivialité, mais il est aussi celui du monde des affaires. C’est le lieu où chacun aime à parler de ses préoccupations, qu’elles soient d’ordre économique ou social.

Le Cercle a ses habitudes. Il se réunit en principe le deuxième jeudi de chaque mois, sauf durant les mois de juillet et août, autour d’un dîner auquel participent également quelques invités. Ces soirées sont spécialement appréciées, non tant en raison de la qualité de la table, que pour celle des discussions qui animent nos  convives.

Depuis de nombreuses années prévaut également un usage auquel sont restés attachés les différents présidents qui se sont succédé. Il s’agit de celui des conférenciers. Emanant des différents secteurs de la vie économique, politique, universitaire, médicale ou culturelle, ils viennent apporter un éclairage spécifique sur tel ou tel aspect des choses. C’est ainsi que nous avons accueilli au cours des années d’éminentes personnalités venus nous enchanter par la hauteur de leurs propos et la pertinence de leurs témoignages. Si l’honneur est partagé des deux côtés, il n’en constitue pas moins un moment d’excellence où l’esprit reste aux aguets, prêt à réagir, à riposter si nécessaire et surtout à s’enthousiasmer. 

Devenir Membre du LLOYD ROUENNAIS est évidemment perçu comme un privilège, mais c’est aussi une procédure qui obéit à un protocole exigeant. Il convient à cet égard de remplir  certaines obligations, comme celles d’avoir été invité à dîner au minimum deux fois et ensuite d’en faire la demande écrite au Conseil d’Administration. Le candidat a également le devoir d’être parrainé par deux membres du Cercle. Sa candidature est alors instruite au sein d’une commission d’admission, émanation du Conseil d’Administration. Si elle est  déclarée recevable, elle est alors soumise à « l’ostensoir », selon un rituel d’admission bien établi. Il est important de faire l’unanimité des voix, car 5 votes en défaveur du postulant suffisent à ce que la candidature soit rejetée. On peut dire, en dépit des apparences, que cette règle protocolaire ne constitue pas une entrave à la vie active du LLOYD, mais que bien au contraire elle contribue, par sa référence à la tradition, à s’assurer de la noblesse des intentions du candidat, qui à l’exemple de ses prédécesseurs se doit de posséder un ancrage personnel et professionnel avérés dans la vie locale ou régionale.

En dépit des évènements qui ont affecté le cours de son histoire - disparition de l’industrie drapière et lainière ; destructions de la guerre ; fuite des institutions.

Rouen, si elle a perdu son statut de seconde ville du Royaume, conserve de nombreux atouts qui jouent en sa faveur. Aujourd’hui ville universitaire, ses industries sont aussi diversifiées que le lui permettent les spécialités pharmaceutiques, chimiques et pétrochimiques qui ont remplacé celles d’autrefois ; son port est l’un des premiers pour les exportations céréalières en Europe et elle reste un carrefour important au niveau des échanges commerciaux et industriels qui font toujours sa fierté. Enfin, elle conserve cette image d’une ville historique dont le patrimoine ancien, profane et religieux, continue à faire la renommée.

Pour toutes ces raisons et depuis bientôt trois siècles, le LLOYD a toutes les raisons d’être fier de son challenge. C’est pourquoi ses membres sont animés de cette dévotion qui les incite à regarder les défis contemporains avec optimisme.

Ils ont pour servir l’avenir une ambition chevillée au cœur, celle de maintenir intact l’amour qu’ils ont pour leur ville. N’y-a-t-il pas de plus noble motivation que celle-ci ?   

 

Rouen, le 18 avril 2017

Philippe PRIOL, membre du LLOYD